5ème atelier PLATEM

Événements
Date: 16 avril 2019 09:30 - 13:00

Lieu: MSH SUD (Saint-Charles 2, en salle 009)

Face au nombre et à la qualité des propositions reçues suite à notre appel à propositions, ce cinquième atelier sera organisé en deux sessions distinctes (accéder à la 2ème session), 1ère session :

 

 

* Céline Alcade (UPVM3, EA Dipralang), "Les questions éthiques posées par une ethnographie de la parole dans une institution de formation en hôtellerie-restauration"

Cette communication se basera sur une ethnographie menée de 2013 à 2015 dans un établissement privé du supérieur formant de futurs managers de l’hôtellerie-restauration. Trois questions éthiques posées dans le cadre de cette recherche seront ici abordées. En premier lieu, la perspective sociolinguistique dans laquelle s’ancre l’étude pose le problème de la contextualisation nécessaire des données, qui fait partie intégrante de la validité des résultats de recherche dans la mise en relation entre pratiques langagières, représentations sociales de ces pratiques, statuts et rôles socioprofessionnels des enquêtés. Ensuite, ces questions éthiques relèvent aussi, tout particulièrement dans le cadre d’une démarche ethnographique, qui plus est assortie d’une injonction collaborative avec objectif opérationnel à la clé, de la difficulté de la position de chercheuse au sein de l’institution étudiée, où les enquêtés présentent des enjeux parfois divergents au cœur de relations de pouvoir qu’il faut être à même de gérer sans leur porter atteinte (en tout cas en cours de recherche) et sans bouleverser les (dés)équilibres, ce qui pourrait porter préjudice à l’enquête. Enfin, dans ce contexte, la question de la restitution (que dire ? comment le dire ? à qui ?), comme de la valorisation de la recherche (question de son contenu, de sa diffusion, de son exploitation, de son archivage…), que ce soit durant ou à l’issue de la recherche, n’en est pas moins problématique. Elle touche en effet à l’éthique de la recherche (pour quoi fait-on de la recherche ?), posant la question de l’implication du chercheur (son rôle) sur ses terrains d’enquête, et plus largement dans la société.

 

* Isabelle Felici (UPVM3, EA LLACS), "Naissance et enjeux de la plateforme "Enfants" d'Italiens et d'Italiennes"

Cette intervention propose de retracer la naissance de la plateforme « Enfants » d’Italiens et d’Italiennes hébergée sur le site de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 (https://enfantsditaliens.univ-montp3.fr/), accueillant des textes et témoignages d’« enfants » d’Italiens et d’Italiennes qui ont émigré de par le monde. La question du filtre par lequel passe le témoignage se pose de façon particulière puisqu’il est ici double : celui des enquêteurs et celui des enquêtés qui transmettent le parcours de leurs ascendants, devenant eux-mêmes « enquêteurs » du passé de leur propre famille. À cette caractéristique s’ajoutent d’autres éléments insolites, notamment le nombre d’enquêteurs, qui ne conduisent d’ailleurs chacun qu’un seul entretien. Si certaines questions éthiques se trouvent ainsi démultipliées, la publication, en volume et maintenant en ligne, cristallise la question du consentement puisque le résultat des enquêtes que les auteurs des textes et/ou les témoins n’ont pas souhaité voir publier n’est pas utilisé.  Seront présentés au cours de cette intervention les outils développés pour préparer les étudiants à toutes les étapes d’un projet dont le but est moins l’enquête en soi que le partage de témoignages. La plateforme s’inscrit en effet dans un travail de reconstruction de la mémoire de l’émigration italienne à partir de parcours individuels qui, ainsi rassemblés, se font écho, se répondent, permettant souvent de combler des lacunes dans l’histoire de ces mouvements migratoires et de remettre en question certaines visions fossilisées de la question migratoire.

 

* Muhammad Alsadhan (UPVM3, UMR PRAXILING), "Recueillir la parole des réfugiés syriens. Une enquête sous contraintes"

En 2017/2018, le projet « Réfugiés syriens : expériences, représentations et identités multiples » a reçu le financement du programme PAUSE du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, parrainé par le Collège de France. Son objectif est de rendre compte de l’expérience des réfugiés syriens en France à travers la collecte de leur parole par le biais d’entretiens interactifs sous forme de récits de vie. Notre étude s’inscrit dans le cadre d’une linguistique anthropologique et matérialiste selon laquelle le langage est avant tout un fait social. (Détrie et al., 2017). Cette proposition de communication envisage d’exposer le terrain (Blanchet, 2012) dans sa toute sa complexité, cette dernière étant liée au contexte sociopolitique extrêmement difficile dans lequel se trouvent les intéressés. Notre démarche s’intéresse essentiellement à présenter les diverses contraintes, en amont comme en aval de l’enquête, qui s’exercent sur la production et l’exploitation de la parole des enquêtés. La question éthique émane ici des particularités de l’enquête elle-même, qualifiée comme « sensible » (Paveau et Perea (eds), 2012). De ce fait, contexte, enquête et même enquêteur suscitent des méfiances de la part des enquêtés pour diverses raisons. Ce qui a pour effet de limiter et d’entraver la liberté d’enquêter et de traiter ces données.

 

 

 

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