5ème atelier PLATEM

Événements
Date: 10 mai 2019 09:30 - 13:00

Lieu: MSH SUD (Site St Charles 2, salle communiquée ultérieurement)

 

Face au nombre et à la qualité des propositions reçues suite à notre appel à propositions, ce cinquième atelier sera organisé en deux sessions distinctes (accéder à la 1ère session), 2ème session :

 

* Morgane Leclercq (Cirad, UMR AGAP), "Comment préparer une enquête impliquant des êtres humains ? Réflexions autour du consentement libre et éclairé"

La dignité humaine est le principe fondamental de toute recherche éthique impliquant des êtres humains. Elle signifie qu’une personne ne doit jamais être traitée comme un objet ou comme un moyen, mais comme une entité à part entière méritant le respect. Parmi ses diverses implications, la dignité humaine impose aux chercheurs d’obtenir le consentement libre et éclairé des participants aux recherches. Aux États-Unis et au Canada, des comités d’éthique de la recherche s’assurent que les chercheurs, les étudiants et les professionnels de recherche qui ont la charge de projets de recherche respectent le consentement libre et éclairé de leurs participants. Cette contribution vise à présenter les documents qui doivent être préparés les chercheurs nord-américains en vue d’obtenir et de documenter le consentement libre et éclairé de leurs participants. Ces documents entrent, sur plusieurs points, en concordance avec les prescriptions du Règlement général sur la protection des données de l’Union Européenne. La contribution retrace le cheminement éthique préalable à la recherche qui s’impose en Amérique du Nord et propose également un retour réflexif sur cette préparation, sur la mise en œuvre effective de la demande de consentement et sur les défis qui peuvent se poser. Les propos reposent sur l’expérience de l’auteure qui a conduit des recherches en Afrique de l’Ouest de février à mai 2018, avec une approbation du comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval (CÉRUL).

 

* Claire Ducournau (UPVM3, RIRRA 21), "Du recueil de la parole à ses restitutions : retour sur une enquête entre sociologie et littérature"

Cette communication propose un retour réflexif sur une enquête interdisciplinaire de long terme menée dans le cadre d’une thèse soutenue à l’EHESS en 2012, et publiée en 2017 sous forme de livre. Le volet ethnographique de cette recherche qui portait sur les mécanismes de consécration d’auteur·e·s originaires d’Afrique subsaharienne francophone a largement reposé sur le recueil de la parole vive de tels écrivain·e·s et de leurs éditeur·ice·s. Cette population rassemblait des intellectuels publics souvent aisément reconnaissables à partir de certaines de leurs caractéristiques sociales, et nommés d’ordinaire dans les travaux d’études littéraires africaines, ce qui risquait de ruiner la confidentialité et l’anonymat traditionnellement garantis en sociologie aux enquêtés, et nécessaires pour avancer certains arguments scientifiques. Pour résoudre ces problèmes, un triple régime de restitution des propos recueillis en entretien et lors d’observations a été adopté pour administrer des preuves ajustées aux régimes d’interprétation convoqués : nomination produisant des effets cognitifs sans nuire aux individus ; anonymisation sociologique (impliquant, ou pas, le choix d’un pseudonyme) ; et enfin stylisation visant à renforcer la confidentialité. La communication revient sur les enjeux conjointement méthodologiques et éthiques, la mise en œuvre et la réception de ces choix d’écriture à différents moments et dans des contextes (disciplinaires) distincts.

 

* Bernard Moizo (IRD, UMR GRED), "Back to the future"

Au terme d'un terrain de deux ans dans une communauté aborigène du nord-ouest de l'Australie, j'ai rédigé un mémoire de Ph. D. (Université de Canberra). Lors de mon séjour dans cette communauté j'avais été, au gré des situations et des sollicitations, « simple» anthropologue, conseiller communautaire, anthropologue conseil pour la communauté puis pour l'organisation aborigène locale, et enfin expert pour le gouvernement australien. Dans cette thèse, qui traite des problèmes d'émergences identitaires dans le contexte d'une communauté aborigène, j'avais choisi, conformément aux engagements pris, de ne pas aborder certains thèmes et d'utiliser des pseudonymes pour tous les individus. J'en ai fait parvenir un exemplaire à la communauté via l'organisation aborigène locale. Quelques semaines plus tard, un courrier du « Council for Aboriginal Reconciliation » m'informait, par l'intermédiaire de son anthropologue conseil, que « la communauté aborigène de Fitzroy Crossing avait exprimé de sérieuses réserves sur le contenu de la thèse et en particulier sur certaines informations que la communauté considérait comme confidentielles ». Cette communication proposera ainsi d’effectuer un retour sur les restrictions d’accès à cette thèse suite à des accusations d’utilisation de données collectées « hors d’un contexte professionnel  ».

 

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