« Biodiversité agricole et changement climatique : quelle contribution des savoirs locaux ? »

Événements
mshsud_radipam
Date: 3 février 2020 18:00 - 20:00

Lieu: MSH SUD, salle 006, Site St-Charles 2 de l’Univ. Paul Valéry (arrêt Tram ligne 1 : Albert 1er)

Séminaire :

« Biodiversité agricole et changement climatique :

quelle contribution des savoirs locaux ?  »

 

Vanesse Labeyrie (agronome et ethnoécologue, UR GREEN CIRAD), Delphine Renard (écologue, CEFE, CNRS) et Victoria Reyes García (anthropologue, ICTA, Université Autonome de Barcelone)

Des études récentes estiment que près de la moitié des calories consommées dans le monde proviennent des agricultures familiales dans les pays du Sud, dans lesquelles la diversité des plantes cultivées (l’agrobiodiversité) joue un rôle clef. Ces formes d’agriculture sont localisées majoritairement dans des zones fortement touchées par le changement climatique telles que l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique centrale. Pourtant, les impacts locaux des changements climatiques sur l’agriculture et les populations humaines qui en dépendent sont largement méconnus. Tout d’abord, peu d’études considèrent l’ensemble de la diversité des plantes cultivées par les agriculteurs dans l’analyse des liens entre l’agriculture et le climat. Les recherches se concentrent majoritairement sur l’étude de quatre espèces cultivées dites majeures : le riz, le maïs, le soja et le blé. D’autre part, des travaux en écologie, agronomie et en anthropologie suggèrent que l’agrobiodiversité peut jouer un rôle d’assurance face aux risques de pertes des récoltes liées aux variations ou extrêmes climatiques et joue un rôle clef dans l’adaptation des écosystèmes cultivés. Pourtant, la manière dont les agriculteurs utilisent l’agrobiodiversité pour s’adapter au changement climatique a fait l’objet d’études de cas, mais a rarement été documentée de manière approfondie à large échelle.

Dans un contexte où les politiques de développement tendent à soutenir l’uniformisation et la spécialisation des agricultures au Sud, il est essentiel de produire des connaissances à destination des décideurs concernant les impacts du changement climatique sur la biodiversité cultivée dans les agricultures familiales et le rôle de cette diversité dans leur adaptation. Dans ce contexte, les savoirs des populations rurales présentent un potentiel largement inexploité pour faire face au manque de données disponibles. C’est sur ce constat que se base un groupe interdisciplinaire réunissant des chercheurs des projets MOPGA ASSET (AgrobiodiverSity for a food-Secure PlanET) et ERC LICCI (Local Indicators of Climate Change Impacts), qui développent des méthodes pour documenter de manière unifiée les observations locales des impacts du changement climatique sur la diversité cultivée dans une dizaine de sites distribués en Afrique, en Asie, en Océanie, en Amérique Latine et en Europe. Ce groupe a pour ambition d’élargir son réseau de chercheurs, mais aussi de praticiens et d’organisations de la société civile afin d’appliquer ces méthodes dans une plus grande diversité de contextes. Cette présentation a pour objectif d’exposer les activités du groupe, et d’ouvrir l’opportunité de rejoindre ce réseau aux chercheurs et étudiants, ainsi qu’aux organisations intéressés. 

 

Entrée libre !