Sciences et Société Unies pour un autre Développement
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PROJET URBASENS

Approches SENSibles et effets de la crise sanitaire Covid-19 sur les mobilités et ambiances dans les paysages alimentaires urbains

Appel à projets MSHSUD 2020+

Résumé du projet

Ce projet vise à comprendre les effets de la crise sanitaire Covid-19, sur les mobilités alimentaires intra-urbaines, et sur le rapport sensible que les habitants entretiennent avec l’espace alimentaire urbain.

Description du projet

L’épidémie de Covid-19 et la période de confinement ont conduit certains habitants aux mobilités intra-urbaines très étendues à relocaliser leurs pratiques alimentaires autour de leur quartier pour s’ancrer dans une sociabilité de proximité. La relocalisation au sein de communautés et la réduction potentielle des mobilités questionne la capacité de l’espace public à permettre une densité de contacts, des plus anonymes aux plus intimes.

Le confinement s’est également traduit par un ralentissement d’une large part de l’économie et par conséquent, une évolution du paysage et des ambiances urbaines (avec par exemple un essor de la flore et de la faune). La ville s’est vue peu à peu réarrangée, marquée par de nombreuses micro-modifications de l’aménagement urbain et du mobilier, dont les formes empruntent tantôt à un urbanisme « tactique », de façon à rendre la ville plus conviviale et accueillante, tantôt à un urbanisme de protection (marquage au sol tous les 1 mètre, vitres de séparation, etc.).

Les enjeux de ces changements matériels et de ces mobilités dans l’espace public encouragent un questionnement sur la (ré)appropriation des lieux par les usages et les expériences sensibles. Comment ces micro-modifications matérielles changent les modalités d’appropriation et d’usage et contribuent à la formation graduelle d’une (autre) ambiance ? Comment dans cet espace public réarrangé, investir sensiblement l’espace, se l’approprier, y frayer une familiarité et une aise ? Quels sont les effets et leviers de l’épidémie Covid sur les réaménagements des paysages alimentaires et le vivre ensemble ?

La première hypothèse est que la mise hors tension brutale de l’économie urbaine a libéré un espace pour de nouvelles pratiques et expériences sensibles ancrées dans « l’espace vécu ». La seconde hypothèse est que ces modifications de l’espace vécu (dont il convient de prendre la mesure) peuvent en retour affecter la production de l’espace au sortir du confinement.

Trois questions sont au cœur du projet :

  • L’effet de la crise et des micro-changements urbains sur les mobilités alimentaires intra-urbaines. Une réduction des mobilités alimentaires conduit-elle à réduire la porosité et les rencontres intra-urbaines ? Quels écarts entre inattention civile et intimité dans des lieux publics familiers offrent les paysages alimentaires en temps de crise sanitaire ?
  • L’effet de la crise et des micro-changements urbains sur le rapport sensible des habitants à l’espace urbain. Comment les changements de la matérialité du mobilier ou de l’aménagement viennent perturber ou au contraire soutenir des possibilités d’aise et un investissement sensible dans ces lieux, permettant le maintien de soi ? Comment les habitants réaménagent la tension entre distanciation (matérielle, physique) et aise dans un espace familier ?
  • Cette modification de l’espace vécu peut-elle affecter en retour l’espace conçu ?

Ces questions feront l’objet d’une recherche à Rabat, au Caire et à Montpellier, croisant les regards d’une équipe pluridisciplinaire (sociologues, géographes, architectes, urbanistes), d’habitants et d’une dessinatrice.

D’un point de vue méthodologique, nous aurons recours à des méthodes qui permettent de saisir les dimensions sensibles de l’espace et de son appropriation : cartographie des trajets des piétons, cartes sensibles (mobilités et trajets pour s’approvisionner, matérialité des lieux), parcours commentés avec des habitants, ateliers-marches (méthode des transects), enregistrement des ambiances sonores, photos et dessins pour mettre en valeur les expériences sensibles.

Ces méthodes s’appuient sur l’observation (des gestes d’usage, d’appropriation de l’espace, des trajets opérés par les habitants sur certains lieux) et une expérience de l’espace en tant qu’elle est en train de se produire, faisant appel à des modalités sensorielles, incluant la marche, et allant jusqu’à des formes d’ateliers d’expérimentation in situ.

Aurélie Delage
Enseignante-chercheuse en aménagement et urbanisme - UMR 5281 Art-Dev - Université de Perpignan Via Domitia
Colline Perrin
Chargée de recherche en géographie - UMR Innovation, INRAE
Emmanuelle Cheyns
Chercheure, sociologue - UMR MOISA, CIRAD
Jennifer Buyck
maîtresse de conférences - UMR PACTE - Institut d'Urbanisme de Grenoble - Université Grenoble Alpes
Khedidja Mamou
Maitre-assistante en SHS - ENSA Montpellier
Lucas Métreau
Chercheur stagiaire - CNRS
Marc Higgin
Chercheur, anthopolgue, CRESSON, UMR AAU, CNRS
Max Rousseau
Géographe et politiste, UMR Art-Dev, CIRAD, MUSE
Noha GAMAL SAID
Chercheure associée - UMR AAU, CRESSON, Université Ain Shams, Le Caire (Egypte)
avatar
Paul BAI
Étudiant, Université de Grenoble Alpes
Suzanne Aillot
Dessinatrice, auteure
Tarik Harroud
professeur habilité d’enseignement supérieur en géographie et urbanisme à l’Institut national d’aménagement et d’urbanisme de Rabat

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