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Valoriser le patrimoine pour une agriculture responsable

La mondialisation de l’agriculture est accusée d’avoir un impact destructeur sur les petits agriculteurs des pays des Suds. Pourtant, de nombreuses sociétés locales sont proactives face à ces changements et font preuve d'une grande capacité d'adaptation. En utilisant des données de terrain et le concept socio-écologique de « panarchie », le projet PANARCHI accompagne les acteurs locaux dans la valorisation du patrimoine naturel et culturel de l'agriculture familiale.

 

Les changements que le secteur agricole a vécu durant ces dernières années ont connu une ampleur sans précédent sur les petits producteurs en Argentine et au Chili. Dans ce cadre, PANARCHI aspire à se qualifier comme une «recherche-action» née de la rencontre entre :

- une démarche de recherche interdisciplinaire relative à l’histoire agraire de deux petites communautés, impliquant des experts en différents branches des Sciences de la Nature (écologie, agroécologie, paléoécologie, géochimie) et des Sciences Humaines (histoire, archéologie, sociologie rurale),

- et une volonté de changement de la part des acteurs locaux qui subissent de plus en plus les pressions de l’économie globale.

En particulier, les deux communautés interpellées par le projet sont la communauté Coctaca, qui vit dans les Andes argentines, et la communauté qui habite à Lipimavida, un petit village du littoral chilien. Le but de PANARCHI consiste à raisonner avec ces communautés autour des matières premières locales qui relèvent de traditions séculaires de production et de transformation (quinoa, laine, argile, papaye, maïs, pommes de terre, etc.). Pour mieux comprendre les dynamiques spécifiques d’interaction Homme-Environnement des deux études de cas liées au projet, PANARCHI s’appuie sur deux concepts centraux:

1) Le concept de « cycle adaptatif » [→ Les cycles adaptatifs modélisent la dynamique des systèmes vivants en phases successives de croissance/exploitation, de conservation, libération/effondrement et réorganisation/recyclage];

2) Le concept de «panarchie» [ → Tout est imbriqué. Chaque système, et donc le cycle qui lui est associé, est imbriqué dans un/plusieurs autre/s système/s et, donc, dans un/des autre/s cycle/s, etc].

Un autre concept très important pour PANARCHI, tant au  plan social qu’au plan environnemental, est celui de durabilité. La recherche participative menée par ce projet a permis, par exemple, d’accompagner des groupements d'agriculteurs familiaux dans la mise en place de circuits courts au Chili, leur permettant d'améliorer leur revenu, grâce à un nouveau mode de développement fondé sur l'autonomie, le lien social, l'identité de leur territoire et une exploitation raisonnable et équitable des ressources naturelles.

En bref

Cette nouvelle approche scientifique, basée sur le concept de « panarchie », ouvre aussi des pistes, particulièrement dans le cas des cultures en terrasse sur les hauts plateaux argentins. La redynamisation des productions locales ancestrales, grâce à la valorisation du patrimoine agricole historique, pourrait permettre aux populations locales de développer une forme de résilience (sociale, écologique et économique) et, donc, de garder la main sur leur destin. Avec l'appui de la MSH SUD, PANARCHI pose les jalons de futurs projets de recherche, internationaux et interdisciplinaires, autour du développement d’un système économique durable, qui ne conduise pas à la marginalisation d’une partie de ses acteurs.

En savoir plus

Partenaire

Scientifiques :

Argentine :

  • UNJU (Universidad Nacional de Jujuy), Facultad de Ciencias Agrarias
  • UBA (Universidad de Buenos Aires), Instituto Interdisciplinario Tilcara

Bolivie :

  • UMSA (Universidad Mayor de San Andrés), Museo Nacional de Historia Natural

Chili :

  • UCM (Universidad Católica del Maule), Facultad de Ciencias Sociales, Escuela de Trabajo Social

France :

  • UMR CEFE, Centre d'Écolgie Fonctionnelle & Évolutive, Montpellier
  • UMR ISEM, Institut des Sciences de l'Évolution, Montpellier
Financiers :

Chili : Dans le cadre du concours de coopération internationale "Atracción de Capital Humano Avanzado del Extranjero", le CONICYT (Comisión Nacional de Investigación Científica y Tecnológica) a financé le projet BAQUIANA (PAI-MEC-80160043) jumelé à PANARCHI sur le chantier chilien.

Équipe

  • Cyril BERNARD, géomaticien, CNRS, France
  • Pablo CRUZ, archéologue, UNJU/CONICET, Argentine
  • Nancy EGAN, historienne, UBA, Argentine
  • Stéphane GUÉDRON, géochimiste, IRD, France
  • Richard JOFFRE, écologie, CNRS, France
  • Marie-Pierre LEDRU, paléoécologue, IRD, France
  • Lizbeth NÚÑEZ-CARRASCO, sociologie rurale, UCM, Chili
  • Maria-Teresa ORTUÑO, paléoécologue, UMSA, Bolivie
  • Thierry WINKEL, agroécologue, IRD, France